Maroon 5

Maroon 5
Groupe de pop-rock reconnu depuis la sortie de l'album 'Songs about Jane', Maroon 5 est une figure incontournable du monde de la musique. Composé de cinq membres, le groupe gravit tranquillement les échelons. Quatre des membres de la formation se sont rencontrés au collège à Los Angeles. Adam Levine, le chanteur, Mickey Madden, Jesse Carmichael et Ryan Dusick forment Kara's Flowers, un groupe qui se produit pour la première fois le 16 septembre 1995. Signant un contrat avec Reprise Records, la formation sort son premier album, 'The Fourth World', en 1997. Puis la sortie de 'Soap Disco' est un flop. En 1999, le groupe se sépare de sa maison de disque. Fréquentant différentes universités, les quatre jeunes hommes découvrent de nouveaux genres musicaux et commencent à rejouer ensemble à partir de 2001, avec l'apport du guitariste James Valentine. A son arrivée, le groupe est rebaptisé Maroon 5. Plongeant dans un univers hip-hop et pop-rock, les cinq membres se forgent une nouvelle identité musicale. En 2002, Ils enregistrent l'album 'Songs about Jane' avec le producteur Matt Wallace. Inspiré de la relation entre le chanteur et son ex-petite amie, l'album trouve très vite le succès. Le premier single, 'Harder To Breathe', est progressivement diffusé sur les ondes. En mars 2004, l'album atteint le top 20 du Billboard 200. En 2005, il est sixième. Le deuxième et le troisième single – 'This Love' et 'She will be loved' - confirment le talent du groupe. En 2005, la formation remporte le Grammy Award de la révélation de l'Année et l'album est triple disque de platine. En 2007 et après de nombreux concerts à succès, Maroon 5 sort l'album 'It won't be soon before long'.







Let's dance !
Difficile d'oublier le tube 'This love', qui avait révélé Maroon 5 en 2002. Une mélodie accrocheuse, un son pop-rock teinté de R'n'B et la voix joliment nasillarde d'Adam Levine, leader du groupe. Après une pluie de récompenses et une grande tournée, le quintette de Los Angeles est de retour avec 'It Won't Be Soon Before Long', un nouvel opus aux musiques toujours aussi efficaces, mais bien plus dansantes.

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# Posté le dimanche 19 août 2007 07:54

Louise Attaque

Louise Attaque
Gaetan Roussel le chanteur et Robin Feix le bassiste se rencontrent alors qu'ils sont au lycée. Pour poursuivre leurs études, ils quittent la ville de Montargis où ils habitent et montent à Paris. En même temps, ils se mettent à la musique. Au duo, s'adjoint un troisième musicien, le batteur Alexandre Margraff. Si au début des années 90, ils obtiennent chacun un diplôme intéressant, Caravage, le groupe qu'ils forment à trois, se cherche quant à lui, une identité dans le rock.

Après un tournant acoustique, ils rencontrent le violoniste Arnaud Samuel dans un studio de la région parisienne. Là, commence réellement l'aventure de Louise Attaque.

Très rapidement, ils enregistrent une maquette de huit titres et font leur premier concert au bout de deux mois. Après un passage au Printemps de Bourges, ils rencontrent un éditeur de musique (Ed. Delabel) et signent un premier contrat, puis un second, avec le label Atmosphériques pour l'enregistrement d'un disque.

L'héritage américain



C'est ainsi qu'ils se retrouvent en studio à Bruxelles avec Gordon Gano, le leader du groupe américain punky-rock Violent femmes. Véritable parrain artistique, il représente sans doute la référence de base du quatuor parisien.

En avril 1997, sort un album éponyme. Les textes sont signés Gaetan Roussel. Ils sont simples mais sonnent bien. Un folk-rock efficace les accompagne, donnant une part belle au violon, instrument qui trouve là une vraie place.

Démarre alors une tournée à travers la France et les festivals. Leur premier passage à Paris s'effectue le 24 avril, revenant plusieurs fois par la suite, comme un rappel qui n'en finit pas. Car le public est de plus en plus nombreux à venir les voir.

Début 98, on comptabilise quelques 400.000 albums vendus. Succès phénoménal. Le groupe entreprend une nouvelle tournée à partir 19 février, qui passe par Paris les 6, 7 et 8 avril à la Cigale et par le Festival du Printemps de Bourges le 17 avril. Le concert qu'ils y donnent ressemble à une vraie consécration de la profession et surtout du public, composé en grande majorité de jeunes entre 20 et 25 ans. On les voit aussi au festival des Francofolies de la Rochelle en juillet pour un concert triomphal. Préparant un nouvel album, les membres de Louise Attaque se font plus discrets fin 98. Le 20 février 99, ils se voient attribuer la Victoire de la Musique du groupe de l'année, soulignant au passage le score extraordinaire de 2.5 millions d'albums vendus depuis 97. Ils font aussi une mini tournée en septembre au Québec qui leur permet de présenter en avant-première quelques titres de l'album à venir devant un public acquis.

On vous l'avait dit



La petite Louise est de retour en janvier 2000 pour un second album très attendu, "Comme on a dit". Après un tel succès, l'épreuve d'un deuxième album n'est pas aisée. La pochette est noire, relativement sobre. Cet opus écrit entre octobre 98 et juin 99 reste dans la lignée du précédent, même si l'on note une certaine radicalisation musicale. Mais la voix de Gaëtan et le violon d'Arnaud constituent une véritable marque de fabrique. Les références au grand frère Noir Désir ("Tout passe") ou à Jacques Brel ("Sans filet") déjà repris sur scène donnent la dimension de leur musique entre rock et folk. Et comme en plus on ne change pas une équipe qui gagne, c'est encore Gordon Gano qui assure une partie de la production (avec Warren Bruleigh). Dès le 19 janvier, le groupe part pour une tournée de cinq mois.

Bien sûr, grand succès sur les routes de France. Mais en revanche, le groupe se forge une image à la Noir Désir, refusant la plupart des interviews et Louise, la petite fille dessinée par Robin sur la pochette de l'album, va sans aucun doute continuer à attaquer longtemps, participant au succès grandissant des jeunes artistes français qui allient avec bonheur, rock, folk et chanson réaliste.

Au cours de l'été 2000, le groupe, qui cherche toujours à cultiver une démarche hors de l'industrie musicale, décide de monter ses propres festivals avec ses propres invités, tous des amis : les Wampas, Sergent Garcia, Mickey 3D, Cornu ou les Américains Violent Femmes et 16 Horsepower. Ils apparaissent cependant dans les festivals dont, selon eux, "l'esprit est bon". Ils disent vouloir plus de chaleur et de proximité et reprochent aux grosses manifestations, d'être un peu des usines à concerts.

Scission



Après la tournée 2000, le groupe décide de prendre quelques vacances de Louise Attaque et de se consacrer à des projets plus personnels. C'est ainsi qu'en octobre 2001, deux des quatre membres de Louise Attaque, Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel, sortent un album en duo sous le nom de Tarmac, "l'Atelier". Très acoustique, cet album est enregistré en vingt jours avec Mélodica, slide, mandoline, violon, banjo, Fender Rhodes, percussions, guitares et voix. Tarmac est invité sur l'album hommage à Georges Brassens, "les Oiseaux de passage", pour les 20 ans de sa mort.

Parallèlement, les deux autres, Robin Feix et Alexandre Margraff, se consacrent à un autre groupe occasionnel, Ali Dragon, plus électro, hip hop et Dub dont l'album doit sortir en juin 2002.

Tarmac continue sur sa lancée et sort encore un album "Notre Epoque" puis un live enregistré au Réservoir à Paris en 2003.

Split or not split



Peu enclins à l'autosatisfaction, les différents membres de Louise Attaque ne sont en fait pas sûrs de reprendre leur activité commune. Ils se réunissent une première fois en septembre 2003 pour un test : savoir si leur inspiration collective est encore active et s'ils ont toujours la flamme pour jouer ensemble. Louise Attaque travaille sur un certain nombre de titres pendant l'année 2004. Le groupe enregistre ainsi des maquettes mais ne sait toujours pas si le résultat va être publier. Après un passage aux studios Electric Ladyland à New York, les quatre membres décident qu'ils peuvent poursuivre leur entreprise. Le reste des morceaux est enregistré à Paris. L'album doit être prêt pour septembre 2005.

En attendant, le groupe démarre une tournée internationale en mars 2005 en Russie, puis poursuit le périple en Inde. En mai, ils sont en Amérique latine et de retour en France en juin avec entre autres, un concert exceptionnel à Paris le 17 juin au Grand Rex, intitulé Une nuit parisienne.

Entre temps, le 1er juin Louise Attaque publie sur les plate formes de téléchargement légales, le premier simple extrait de l'album "Si c'était hier".

"A plus tard crocodile", l'album tant attendu sort le 5 septembre. La sonorité générale, très reconnaissable grâce à la voix particulière de Gaetan et au violon d'Arnaud, n'a plus les mêmes accents sombres que l'on connaissait au groupe sur les deux albums précédents. Plus ouvert, plus apaisé sans doute, il propose une musique plus variée, entre folk-rock et chanson, mâtinée de quelques rythmes reggae et de boucles électro. Pour certains, cet album est celui de la maturité. Le public ne s'y trompe pas puisque "A plus tard crocodile" figure dès sa sortie parmi les meilleurs ventes de disques en France.

Louise Attaque poursuit sa tournée.
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# Posté le dimanche 19 août 2007 07:51

Trust

Trust
Mieux que quiconque, Trust a su donner ses lettres de noblesse au hard-rock français. Dans un domaine musical qui fait la part belle aux groupes anglophones (Kiss, AC/DC, Scorpions, ...), Bernie Bonvoisin et ses comparses ont prouvé que la langue de Voltaire pouvait se marier parfaitement avec la révolte et les guitares électriques. Alors que Téléphone rassemble la jeunesse autour de lui, Trust passe à la vitesse musicale supérieure.

Un groupe ordinaire
L'histoire de Trust commence pourtant comme celle de nombreux groupes. Trois amis, Bernard Bonvoisin (dit Bernie), Raymond Manna (dit Ray) et Norbert Krief (dit Nono) forment le groupe Trust et écument les boîtes parisiennes en compagnie de deux guitaristes.

Leur premier concert a lieu en septembre 1977 au célèbre Golf Drouot, concert pendant lequel ils expriment leur amour du "rock métal" en reprenant AC/DC ou Sex Pistols.

Remarqué pour leur fougue et leur énergie, ils enchaînent par l'Olympia, en première partie du groupe néo-punk Bijou. Dès l'année 1978, une de leurs premières compositions sort en 45 tours sous le titre Prends pas ton flingue (Paris by night en face B).

Si ce disque n'a pas de succès, il permet cependant au groupe de rencontrer, durant l'enregistrement aux Studios Pathé, Bon Scott, chanteur et leader du groupe AC/DC, qui deviendra un ami, un protecteur et un mentor. Ainsi invite-t-il Trust à se produire en première partie d'AC/DC en octobre 78. Les rockeurs français ne perdent pas l'occasion de se faire connaître, et signent dans la foulée chez CBS, maison de disques avec laquelle ils enregistrent en 1979 et en Angleterre leur premier album éponyme.

Premier album
L'album Trust sort donc au printemps 79. La tournée qui suit permet l'envol du groupe. Ray quitte la scène pour prendre les commandes commerciales de Trust et se fait remplacer par Yves Brusco, alias Vivi.

Dès lors, le groupe ne cache pas ses ambitions musicales et ses convictions politiques. Résolument "antisocial" voire anarchiste, Trust se produit partout où la révolte gronde, n'hésitant pas à jouer dans l'enceinte même de la célèbre prison française de Fleury Merogis !

Pour de nombreux fans, Trust ose dire tout haut ce que Téléphone, trop tendre et commercial, chante tout bas. Ainsi leur premier album se démarque du rock ambiant, avec des titres tels que Bosser huit heures, Prends pas ton flingue ou encore Police-Milice.

Encouragés par leur ami anglais Bon Scott, Bernie et ses amis rejoignent Londres pour l'enregistrement de leur deuxième album, Répression, qui sort en mai 1980. Porté par le tube Antisocial, cet opus reste l'ouvrage le plus abouti du groupe. Malheureusement, Bon Scott ne connaîtra pas le succès de cet album: dans la nuit du 19 février 1980, il décède dans des circonstances dramatiques.

Hommage à Bon Scott
Les concerts de la tournée Répression réunissent des milliers de fans dans toute la France et jusqu'en Angleterre qui reconnaît en Trust le pendant francophone des plus grands groupes de Hard anglo-saxon.

L'album Marche ou crève (octobre 1981) confirme le ton: La junte, Ton dernier acte (chanson hommage à Bon Scott) et Les Templiers restent dans la lignée de Répression et confirment le talent de parolier et de chanteur du leader Bernie. Des textes solides et révoltés, des guitares énervées et mélodieuses à la fois, un rythme à toute épreuve. La recette est recherchée et efficace.

Malheureusement, dès l'année 1983, Trust doit subir un premier revers: leur tournée est un gouffre financier dont ils ne peuvent sortir. Le quatrième album finira d'engloutir les dernières économies du groupe et le plonge alors dans un marasme dangereux. Rien ne pourra sauver Trust, ni le cinquième album rock'n roll en 1984, ni l'amour de leurs innombrables fans: Bernie annonce le 31 juillet 1985 la séparation du groupe.

Espoirs déçus
Durant les années qui suivent, le public espère sans cesse les retrouvailles de Trust. Celles-ci viendront à plusieurs reprises, malgré une carrière solo de Bernie (tant dans le cinéma que dans la chanson) et les chemins séparés qu'empruntent chacun des membres (Nono joue pour Johnny Hallyday).

Ainsi Trust se retrouve sur la scène du Zénith de Paris pour deux soirs de concerts en première partie d'Iron Maiden en septembre 1988. A défaut d'enregistrer de nouveaux albums studio, les rockeurs exploitent intelligemment le filon "live": Paris by night, En attendant, puis Live, deux albums en concert et un mini-album, rencontrent un vif succès.

Il faut attendre 1996 pour que la formation entre à nouveau en studio. Le résultat: Europe et Haines, un album de grande qualité, qui surprend le public et les détracteurs du groupe. Les différentes préoccupations de chacun ralentissent le travail en commun, et laisse entendre que jamais Trust ne sera définitivement réuni. Dernier cadeau: Ni Dieu ni Maître, un album testament au titre évocateur, sorti en 2000.

Après un quart de siècle de rock rageur et électrique, la bande de Bernie Bonvoisin survit dans le coeur des fans et continue de marquer l'histoire du rock de son empreinte inimitable.
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# Posté le dimanche 19 août 2007 07:49

System of a down

System of a down
Arrivé en plein courant métal, sur les traces d'un improbable KoRn sans aucun rapport, System Of A Down, SOAD pour les intimes, fait fi de ses détracteurs aussi nombreux que leur musique est riche. Entre métal d'une lourdeur bien dosée, et un rock"n"roll effréné, System Of A Down oscille, mélange, fusionne les styles pour une fresque sonore épicée, décalée, originale. Souvent étiqueté comme groupe à connotation politique, tel un Rage Against The Machine, voir négativiste parfois, System Of A Down a eu tôt de se détacher de ses allégations certes justifiées en partie par leur premier album aux commentaires perplexes. Groupe certainement déjanté, mais qui sait où il met les pieds, SOAD fait passer son groove avant les textes, et quel groove. Un régal sonore, très dense musicalement, riche en sonorités, moins complexe structurellement, qu"un certain Tool, mais également loin d'un Coal Chamber...



System Of A Down / Chronique LP > Hypnotize
A l'annonce de la sortie de deux albums de SOAD dans la même année, on était circonspect : et pourquoi pas un double album ? Pour se faire plus de fric évidemment et c'est bien dommage... Car Mezmerize / Hypnotize forme un beau duo, deux très beaux digipacks avec des "oeuvres" ou tout au moins des dessins stylés qui jouent sur le temps, la mémoire, les souvenirs et la possibilité pour l'horloge hypnotique de rappeler des souvenirs enterrés dans la mémoire... On aime ou pas mais il faut reconnaître que ça a de la classe et que le fan verra la différence avec des mp3 !
Musicalement, Hypnotize est bien plus homogène que son prédécesseur, ça fait de lui un meilleur album avec toujours autant de pépites à savourer : les titres classiques qui jouent sur la vitesse comme "Attack", "Dreaming" ou "Tentative", d'autres plus délirant ("Vicinity of obscenity"), ceux qui mélangent les tempos et incitent aux débordements corporels ainsi qu'aux yahourteries bruyantes (à peu près tous mais surtout "Kill rock'n roll" Everytime I look in your eyes / Everyday I'm watching you die... et "Holy mountains" Freedom, freedom, free, free) et l'indémodable slow de fin d'opus : "Lonely day". Les titres revendicatifs sont eux aussi de la partie avec "Tentative" et le superbe "Soldier side" qui referme l'album et fait écho à l'ouverture de Mezmerize. Aucune faute de goût et quand Serj part en vrille, il place des bananes ("Vicinity of obscenity") bien plus agréables que les allusions à son gros cigare...
Bref, Hypnotize est un excellent album, il donne une réplique un cran au-dessus de Mezmerize et il est juste dommageable que SOAD n'ai pas voulu / osé / pu (rayer les mentions inutiles) sortir un double album quasi conceptuel qui aurait mis tout le monde à ses genoux.


System Of A Down / Chronique LP > Mezmerize
Welcome to the soldier side, c'est avec quelques tristes notes et quelques mots que nous retrouvons System Of A Down, le ton est donné : ça ne va pas que rigoler, la guerre en Irak est un sujet grave qui touche bien plus les Arméniens que les Californiens de base (faut dire que l'Arménie n'est qu'à "quelques" kilomètres de l'antre du Diable). Tout le monde a ramené sa bombe ? On va aller faire la fête dans le désert et exploser quelques méchants barbus, mais voilà ce sont les plus pauvres qui vont faire la guerre (pour gagner qui un salaire, qui la nationalité américaine, Why do they always send the poor ?), SOAD est remonté et met à profit son impact pour faire passer ses idées sans pour autant oublier sa musique. Influences folkloriques de rigueur (Kusturica pourrait bien réaliser le clip de "Radio/video" !), coups de blast multidirectionnels ( "Cigaro", "This cocaine makes me feel like I'm on this song"), passages acoustiques, vieux riffs rouillés, autres trés tranchants : tout mérite sa place même dans un seul titre ("Question !")... Serj joue toujours avec son organe et nous trouve des mélodies fracassantes ("Revenga", "Lost in Hollywood"). Les (2) 3 premiers titres de Mezmerize sont géniaux, les deux derniers aussi (entre les deux, les paroles sont un peu plus sous la ceinture... et les morceaux, bien que trés jouissifs, y perdent un peu). Avec "Old school Hollywood" c'est le disco qui est pulvérisé (c'est dansant, c'est énorme...) et avec "Lost in Hollywood" c'est le monde du business qui en prend un coup, cette complainte déchirante devrait vite devenir un hymne You should've never gone to Hollywood / You should've never trusted Hollywood. Epatant. C'est bien sûr trop court (10 titres, 36 minutes) mais c'est tellement bien emballé qu'on ne ralera pas (trop) : digipak, artwork, détails, booklet (photos/dessins), tout est ultra soigné... Au passage, est-ce volontaire d'avoir inversé la face et le dos du digipak ? Si on le met à l'endroit, il s'ouvre vers la droite...
Quand ils ont débarqué avec leur éponyme et leur maquillage, j'ai joué au rebelle anti-marketing et ai laissé de côté ce grand cirque qui empruntait pas mal aux barges métaleux (Faith No More) et qui semblait ne pas trop réfléchir... La chronique de Toxicity de Pooly me les a fait voir sous un autre angle et depuis Steal this album, j'ai retourné ma veste (et pourtant entre temps, je les ai vu en concert...), aujourd'hui, ils apparaissent selon moi sous leur meilleur jour : un groupe engagé et déconneur qui allie entertainment à la ricaine et discours sans langue de bois.


System Of A Down / Chronique LP > Steal this album
SOAD est devenu un groupe leader, leader d'un style qu'ils sont preque les seuls à pratiquer, mais leader quand même, et la chasse aux raretés, aux chutes de studio avaient largement porté ses fruits, les fans ayant mis la main sur une trentaine de compos non utilisées (mais enregistrées). Ces titres (non mixés, non masterisés) se sont répandus sur la terre entière en quelques jours, certains les faisant passer pour un potentiel Toxicity 2 alors que le groupe ne pensait pas faire un ReToxicity (cf l'immonde Reload de MetallicA). Mais le public était là et en voulait alors ils l'ont fait, la maison de disques pour se faire un max de thunes sans trop dépenser, le groupe pour donner aux fans ce qu'ils voulaient "encore et encore plus de titres". Andy Wallace a donc mixé 16 titres qui n'avaient pas été au prélable retenus pour sortir sur un des deux albums et les voici compilés et commercialisés sous le nom de Steal this album, puisque l'album était déjà "volé" et que de nombreuses copies circulaient, le "concept graphique" reprend celui d'un disque piraté. Pas de livret, pas de pochette (à peine quelques illus collectors par les membres du groupe pour dire de faire quelque chose pour les collectionneur$), si tu veux les infos, tu les prends sur le web, là où tu as su trouver les pré-versions de ces titres. Voilà l'histoire de Steal this album, mais pourquoi raconter tout ça ? Pour mettre en relief mon idée : mais pourquoi diable n'ont-ils pas sorti ces titres ? Pourquoi n'ont-ils pas été retenus ? La plupart sont largement du niveau de ceux sortis "normalement", dans l'ensemble, ils sont peut-être plus mélodiques, moins complexes mais les "Chic 'n' stu" (pizza-pizza-pie) ou "Pictures" (i got pictures on my mind) ont des rythmes très riches, "Ego brain" ou "Nüguns" sont très sympathiques et "Innervision", "Mr Jack" et "Roulette" sont tout simplement somptueux. Seuls quelques titres n'ont que peu d'intérêt ("Bomb!", "F**k the system", "Bubbles") ou du moins autant que certains autres sur les premiers albums, ce Steal this album n'est pas un best of non plus ! Bref, malgré ce qui entoure l'album, celui-ci est indispensable à tout fan de SOAD et devrait même ravir ceux qui n'apprécient pas totalement le groupe.




System Of A Down / Chronique LP > Toxicity
Toxicity album tant attendu après trois ans, un premier album éponyme qui met sur le qui-vive, des apparitions modestes, et enfin Toxicity tombe comme une bombe sur le paysage métal. Trop étiqueté groupe à message, System Of A Down ne tient pas à renouveler les quelques engagements politiques du premier album, notamment sur le génocide arménien. Dommage, celà aurait donné à leur musique une autre profondeur, une dimension spirituel interessante, mais comme System n"en fait qu"a sa tête, et cherche surtout à se trouver là où on ne l'attends pas... Un "Prison" pilonné comme jamais, intro bourrue, paroles ambigües sur l'engorgement des prisons, l'argent de la drogue et le soutien aux dictateurs. Les riffs de guitares sont basiques mais bien ficelées, après tout c'est Andy Wallace (Nirvana, Sonic Youth) aux manettes ! -Another prison system- la voix de serj tankian plus travaillée que jamais, se prêtant à des innovations acidulées, bein senties, en gardant toujours cette optique un peu fêlée qui se dégage de System Of A Down. Encore une attaque en règle de l'artillerie, pas de répit, charge lourde, tout ce déluge métallique pour un ver solitaire, les guitares vibrent, c'est de l'infrason monstrueux, passage en teintes douces, une basse basique, support idéal pour cette guitare qui se détache en beauté, légere vibration brumeuse, le rideau se soulève, un coup de vent, finalement tout un cyclone s'engouffre, dévaste l'ordre imposé, palm-muting final sur un sursaut final terrific ! "Needles', atelier industriel à la rescousse, survivance marteau-pilonnique tiraillée, dédouble les intentions, les temps, les croches, les coups de vents.
Intro, non pas d'intro, encore cette cavalerie lourde plombée par la basse, métal lourd, la suite se meut d'une manière plus éthérée, un riff marginal, pourtant impressionnant, vibrant, éloquant, avec ce slide contrôlé, dérapage en double croche, court-circuiter par cette archarnement méthodique du refrain, et un passage, guitare toy à l'oeuvre, entre banjo et jouet playskool, -Pushing little children, with their fully automatic-, they like to push the weak around'. Décidement le début de Toxicity est d'une sollicitation impressionnante, des intros coléreuses à souhait, un peu God Forbid dans cette volonté rageuse, "Jet Pilot", 2 minutes au compteur et un riff extraordianaire. Pas compliqué pour un sou, mais des accents là où il font le plus mal, temps fort, temps faible, contretemps, direct dans les dents, tout est dans la nuance. Une énergie incommensurable se dégage du refain très volontaire d'une densité virulente, passage plus calmé, tout juste pour repartir sur cette hécatombe irréfléchie. Encore un format punk pour "X", direction pop tranquille couplet-refrain-couplet, enfin avec cette densité spaciale qui caractérise System Of A Down, et une guitare moqueuse à la KoRn. Innovation acoustique sur le début de "Chop Suey", et innovation mise en valeur par le déluge volumétrique qui s'abat ensuite, riff en pull-off, hammer-on, enfin presque un trille continu, nouvelle sensation métal, délicieuse, virvoletante, suintante, acide, tout ça à la fois, -I, cry, when angels deserve to die-, le "Chop Suey" est mitonné comme un vice avec des violons insidieusement cachés, une luxure sur un vol de bourdons, une batterie basique mais efficace, la valeur ajouté du riff, un clavier vibrant qui ajoute cette note de sensibilité au contenu, et une voix qui s'impose, se pose, se dépose, se déroule, transmet ses sentiments. Paroles peu sérieuse, violence de l'attaque au médiator, le format court est en vogue, "Bounce" pour les amateurs de Pogo. Riff 69, un peu vice-versa, une batterie surprenante, surprise, marche solitaire, chemin tortueux, entre désespoir et espoir, en tout cas une voix claire qui impressionne, monte, tient, pour s'énerver, poignante, saillante, soupesée, qui reprends sur un groove de basse, couplet, refrain haut et fort "Forest" empli l'espace, le tryptique dimensionnel admirablement.
Presque sans transition le magnifique "Atwa", petite complainte indienne, les joues roses, des choeurs déphasés, petites cloches et encore cet accent propre à System Of A Down, cette excitation pimentée qui fait tout leur charme, -Hey you, are me, not so pretty-, papillonnement de guitares, ambiance contrastée, puissante, binarité du métal à son paroxysme, et un jeu gutural en contrepoint. "Science" sans recours, aucun, -science fails to recognize the single most potent element of human existence-, et un riff que l'on ose à peine imaginer, ceinturé à merveille, claqué par une basse des tréfonds, Serj monte sur ses grands chevaux, le refrain s'enroule sur lui même, grand serpent qui siphonne, suit une transition sur fond de flûte traditionnelle, cordes syndées, complainte orientale, chuchotement discret, et encore plus de relief pour la suite. Train qui chauffe au démarrage, lente montée, grain audible, mais un riff sur une gamme harmonique, délicieux, surtout une voix à la chuppa-chups, -I want to shimmy, shimmy, shimmy-, des curiosités un peu jazzy décalée, la contrebasse en moins, on est très loin des clichés métal, mais sur un mélange épicé, acidulé, riche bouillon de culture de moins de deux minutes, juste ce qu"il faut pour une révolution. Morceau éponyme "Toxicity" démarre suave, mélange doux-amer sur les lèvres, balade décalé du 4/4 habituel, là encore tout est dans l'accent, l'accent qui tue, voix introspective, guitare lointaine, voix au premier plan, une basse qui remue, la guitare revient avec son riff hypnotique en renfort, la voix se laisse aller, s'emporte, se reprend, passage schyzophrène, puis passage très beat, martèlement indiscontinu, et ce slide faramineux en bout de branche qui se boucle, puis reprends ensuire appuyé par une scantion sonore explosive mais si courte. Galvadage de basse, éclairs à la guitare, mouvements psycotiques de cocaïnomane en sevrage "Psycho", c'est tout ça et rien à la fois, entre punk platonique et cette magie System Of A Down, -cocaine, crazy-, ou la guitare et la voix y sont pour beaucoup -stop your eyes flowing out, so you want the world to stop- entre prise de conscience tardive et hallucinations synthétiques.
Morceau d'anthologie, des cordes en intro, un riff irréprochable, une attaque claquante, un son extraordinaire, creusé, mixé à merveille, une voix différente, "Aerials", une pointe de métal uniquement sur les temps, -swimming through the void, we hear the world-, maturité réfléchie, une basse qui ronronne en contrepoint des guitares qui se soulèvent, -Aerials, in the sky-, Serj Tankian éclôt, se livre, se met en avant là où on ne le l'attend pas, donne tout ce qu"il a en lui, déroulement mécanique d'un égrènement sirupeux, sursaut d'énergie impossible, montée en puissance du riff, pure folie, riff basique et tueur, la voix qui intègre de minuscules clin d'oeil, un petit chuchotement sur -high-, introspection aérienne, ciel plombé lentement, les nuages chatouillent la douceur métallique qui se dégage, vapeur d'eau en suspension, rock tout simplement, gonflé de médiums et de rancoeur, l'éternité à la pointe de l'âme. Pour terminer sur cette hallucination instrospective et mélancolique massive, des sonorités orientales, tribales, indistinctes, mais toujours ce même film conducteur, mélodique, spirituel, un chorus intérieur, un peu mystique, qui s'éteint preque brutalement...
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# Posté le dimanche 19 août 2007 07:44

Saez

Saez
Alors que l'on ne jure plus que par la "nouvelle chanson française", celle des Delerm, Sanseverino, Bénabar, Keren Ann ou autre Benjamin Biolay, Damien Saez fait figure d'extraterrestre.

Quand ses confrères usent avec finesse et délectation du piano (Delerm) ou de l'accordéon (Sanseverino), le jeune Saez explose tout à grands coups de guitares saturées et de textes révoltés.

Héritier de Rimbaud (pour la jeunesse), des Sex Pistols (pour la rage) et de Noir Désir (pour le rythme), cette révélation sait marier avec culot et arrogance sa révolte post-adolescente et son inspiration musicale toute britannique.

A l'écoute de "Jeune et con", "J'veux du nucléaire" ou "Fils de France", on s'étonne de la clairvoyance de ce "gamin" à la voix adolescente et aux textes rageurs. Lucide ou désespéré ? Le jeune homme passe cependant une enfance relativement tranquille, à Marseille, ville où il voit le jour le 1er août 1977, puis à Dijon, où ses parents et ses deux jeunes frères s'installent vers la moitié des années 80.

Pas de conflits familiaux ni de drogue. Juste des parents libertaires, une mère éducatrice pour adolescents en difficulté et un père réalisateur à la télévision. Des parents qui lui laissent faire des choix, tout en l'orientant vers la culture et le savoir. Ainsi Damien rentre-t-il au Conservatoire de Dijon dès l'âge de huit ans pour apprendre le piano, instrument classique s'il en est, qu'il abandonne à l'adolescence pour la guitare, plus en phase avec ses idoles du moment: Pink Floyd, Noir Désir, U2, Blur, Led Zeppelin et Brassens.

Le plaisirs des mots
Le déclic n'est pas musical mais littéraire. Il se produit lorsque le jeune homme rentre en classe de première et fait la connaissance d'un professeur de français atypique. Ce dernier lui inculque le plaisir des mots, de la lecture et de l'écriture. Dès lors, Damien s'évertue à faire coïncider sa musique avec ses mots.

Ses premières compositions datent de cette époque, fortement influencées par ses écoutes musicales et la lecture des poètes. Mais Dijon n'est pas ville à plaire au jeune rebelle: le voilà en route pour Paris en 1995, quelques cassettes pour bagages et son bac en poche, bien décidé à faire parler de lui.

Mi-ange, mi-démon
Pari réussi lorsqu'il signe très rapidement chez Island et rencontre le guitariste et réalisateur Markus Bell. Les deux hommes tombent en harmonie et produisent le premier album de Saez en 1999, Jours étranges, après sept mois d'enregistrement et l'aide financière d'un certain William Sheller.

Cet album, dont le titre est inspiré par le Strange Days des Doors, surprend d'emblée par la teneur de ses textes et la maturité musicale de chacun des titres. Mi-ange mi-démon, le jeune homme crache son mal-être sans fard ni paillettes.

Dans son vocabulaire emprunté au romantisme noir, les mots "mort, fin, sexe, sang, révolte, violence" côtoient une analyse fine de notre société et de l'évolution des hommes. Cet étrange contraste entre sa jeunesse arrogante et sa conscience d'adulte font de lui une révélation. Jeune et con, le premier extrait de l'album est soutenu par toutes les radios et passe en boucle sur les chaînes musicales.

Saez dérange et alimente les conversations. Encensé par le public, notamment durant sa première tournée en 2000 qui le mène dans toute l'Europe (Belgique, Suisse, France, ...), acclamé par la critique, les comparatifs vont bon train: Lou Reed, Jim Morisson, Hendrix, Rimbaud, Cantat.

Le jeune écorché est déjà une star dérangeante et agressive. Tout ce qu'il faut pour faire décoller les ventes de son disque, qui passent rapidement la barre des 250 000 exemplaires !

Loin de se reposer sur ses lauriers, Saez a encore beaucoup à dire. Sans tarder, il rentre en studio pour enregistrer un double album racé et brillant, God Blesse/Katagena, qui sort en mars 2002, juste après la parution d'un recueil de textes anciens et nouveaux: "A ton nom".

Fils de France...
Loin d'être jeune et con, le chanteur fédère autour de lui une jeunesse révoltée et ouverte au monde. Celle-ci prend appui sur son nouveau leader pour crier ses colères.

Au lendemain du premier tour des élections présidentielles 2002 en France, alors que le candidat d'extrême droite JM Le Pen obtient le second score, plongeant toute l'Europe dans la stupeur, Saez rentre en studio et enregistre dans l'urgence "Fils de France", faisant écho à la réaction de toute une génération.

Depuis, le jeune artiste ne cesse de se produire sur scène et de séduire un public de plus en plus nombreux. Intelligent, charmeur et révolté, ce rebelle n'a rien d'un chanteur éphémère et compte bien laisser son empreinte indélébile dans le monde musical contemporain.
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# Posté le dimanche 19 août 2007 07:41